FACTEUR HUMAIN 2008: Emilio Lledó et les mots
By Sevilla Babel on Saturday, February 23 2008, 14:21 - Société: L'Université - Permalink
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Emilio Lledó Iñigo est né a Séville il y a 81 ans, mais il a l’air jeune. Le philosophe est, peut être avant tout, un amoureux du langage ; il mesure et déguste chaque mot et réussit à faire que tous ce qui l’écoutent se régalent avec ses discours comme avec les meilleurs des plats. Non pas que ce soit un langage complexe et poétique, bien au contraire, mais en raison de la précision et de la simplicité avec lesquelles il exprime les idées les plus abstraites. Il est un des ses exemples qui dément l’idée qui veut que le moins on comprend quelqu’un le plus il sait.Avec une humeur plus qu’optimiste, Emilio Lledó commence sa conférence avec un avertissement : « Ne vous laissez pas convaincre par ceux qui disent que la vie aujourd’hui n’a jamais été pire...il ne faut pas...J’ai déjà vécu longtemps et je peux vous garantir qu’on l’a toujours dit cela et que la vie, maintenant, est meilleure qu’avant. Malgré la brutalité, la violence, la barbarie de l’être humain, on n’a pas le droit d’arrêter de se battre pour la vie, pour l’amour, pour les mots...on n’a pas le droit de perdre l’espoir car, s’il est vrai que tant qu’il y a de la vie, il y a d’espoir, c’est surtout que tant qu’il y aura d’espoir, il y aura de la vie ».
Alors, quelle est la clé du progrès, de la vie ? Les mots. Car « on est humain pour l’exercice du langage » assure-t-il. Autour des mots se déroule son discours, le langage est comme un fil conducteur de la vie. « Le monde est plein de langues maternelles mais ce ne sont pas elles qui nous définissent mais les langues matrices ». Les langues matrices, au delà des frontières qui marquent les langues maternelles, sont « l’empreinte digital de notre être, propre a chacun ». C’est cette variété des langues qui, selon Lledó, enrichissent le Monde.
« L’écriture nous permet de dialoguer avec les langues du passé, avec Kant, avec Descartes...Et la parole nous permet de le faire avec les langues matrices qui nous entourent ». C’est pour cela que la diversité n’est pas un obstacle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à l’endroit de la Tour de Babel, mais une possibilité de nous enrichir. Trouver les points communs qui nous permettent de comprendre l’autre pour - à partir de là - discuter avec chaque individu, en dialoguant avec d’autres langues matrices, avec d’autres personnes.
L’Europe, même si Lledó n’en a pas parlé, est un exemple de la recherche de l’union, pas par l’unification mais par l’enrichissement que, grâce à la diversité, on peut atteindre quand existe une entente. Ca l’est ou, au moins, ça peut l’être.
Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa
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