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Sevilla Babel

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factor humano 2008 { Keyword }

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2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Emilio Lledó et les mots

Emilio_Lledo.jpgEmilio Lledó Iñigo est né a Séville il y a 81 ans, mais il a l’air jeune. Le philosophe est, peut être avant tout, un amoureux du langage ; il mesure et déguste chaque mot et réussit à faire que tous ce qui l’écoutent se régalent avec ses discours comme avec les meilleurs des plats. Non pas que ce soit un langage complexe et poétique, bien au contraire, mais en raison de la précision et de la simplicité avec lesquelles il exprime les idées les plus abstraites. Il est un des ses exemples qui dément l’idée qui veut que le moins on comprend quelqu’un le plus il sait.

Avec une humeur plus qu’optimiste, Emilio Lledó commence sa conférence avec un avertissement : « Ne vous laissez pas convaincre par ceux qui disent que la vie aujourd’hui n’a jamais été pire...il ne faut pas...J’ai déjà vécu longtemps et je peux vous garantir qu’on l’a toujours dit cela et que la vie, maintenant, est meilleure qu’avant. Malgré la brutalité, la violence, la barbarie de l’être humain, on n’a pas le droit d’arrêter de se battre pour la vie, pour l’amour, pour les mots...on n’a pas le droit de perdre l’espoir car, s’il est vrai que tant qu’il y a de la vie, il y a d’espoir, c’est surtout que tant qu’il y aura d’espoir, il y aura de la vie ».

Alors, quelle est la clé du progrès, de la vie ? Les mots. Car « on est humain pour l’exercice du langage » assure-t-il. Autour des mots se déroule son discours, le langage est comme un fil conducteur de la vie. « Le monde est plein de langues maternelles mais ce ne sont pas elles qui nous définissent mais les langues matrices ». Les langues matrices, au delà des frontières qui marquent les langues maternelles, sont « l’empreinte digital de notre être, propre a chacun ». C’est cette variété des langues qui, selon Lledó, enrichissent le Monde.
« L’écriture nous permet de dialoguer avec les langues du passé, avec Kant, avec Descartes...Et la parole nous permet de le faire avec les langues matrices qui nous entourent ». C’est pour cela que la diversité n’est pas un obstacle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à l’endroit de la Tour de Babel, mais une possibilité de nous enrichir. Trouver les points communs qui nous permettent de comprendre l’autre pour - à partir de là - discuter avec chaque individu, en dialoguant avec d’autres langues matrices, avec d’autres personnes.

L’Europe, même si Lledó n’en a pas parlé, est un exemple de la recherche de l’union, pas par l’unification mais par l’enrichissement que, grâce à la diversité, on peut atteindre quand existe une entente. Ca l’est ou, au moins, ça peut l’être.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

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2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Pérez-Reverte, l’héros de coeur dur

reverte_barba_defrente.jpgSi le monde était divisé entre «agneaux et lutteurs», Arturo Pérez-Reverte serait, selon ses propres mots, un lutteur. Cet écrivain espagnol, né en Cartagena en 1951 est bien connu surtout grâce a sa saga «Le Capitan Alatriste» mais ce qui a formé la dure personnalité qu’il porte aujourd’hui avec élégance est son préalable travail comme journaliste, son profil de jeune aventurier.

«Tout a commencé dans une bibliothèque», raconte-il sur l’instant quand son imagination était réveillée. Avec 20 ans et son sac à dos, il a décidé d’aller connaître les endroits et personnages des livres. «À cette âge j’étais jeune et cruel et le monde était ma scène». Peut-être que à cause de cela il a opté pour les territoires en guerre. Aussi à cause de cela il est devenu reporter, car il se sentait chasseur, chasseur d’images. «Quand on va à la guerre, avec le billet de retour dans la poche, la guerre semble un monde fascinant».
Sa fonction dans Facteur Humain était enseigner un peu aux 800 jeunes qui l’écoutaient. Mais dans ce cas là, loin de la chaleur transmise par Ana María Matute, son message était beaucoup plus cynique. «J’ai un mauvais concept de l’être humain, l’élan de l’être humain est méchant, l’être humain est un connard, quoique la culture et la société puissent lui rendre bon finalement». Peut-être que Reverte ait lu lorsque sa jeunesse un livre de Hobbes et ait appris ainsi que «l’homme est un loup pour l’homme», ou peut-être que, plus probablement, la guerre l’ait montré le côte obscur des hommes.

Pérez-Reverte, aujourd’hui en Espagne mais avec le coeur encore dans quelque guerre ailleurs, parle de méfiance, de dignité, d’estime (mais pas d’amour), de batailles et de victoires. Il nous parlait des Ulysses du monde «des héros qui survivent, quand Achilles dévient un Ulysses, alors in ne reste qu’un héros avec le cœur dur». C’est lui-même peut-être un héros à sa façon?
«Pour quoi se battre, Arturo?», on lui demande. «Pour se sentir digne, pour ne pas se sentir vaincu».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez