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Société: L'Université

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Saturday, February 23 2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Emilio Lledó et les mots

Emilio_Lledo.jpgEmilio Lledó Iñigo est né a Séville il y a 81 ans, mais il a l’air jeune. Le philosophe est, peut être avant tout, un amoureux du langage ; il mesure et déguste chaque mot et réussit à faire que tous ce qui l’écoutent se régalent avec ses discours comme avec les meilleurs des plats. Non pas que ce soit un langage complexe et poétique, bien au contraire, mais en raison de la précision et de la simplicité avec lesquelles il exprime les idées les plus abstraites. Il est un des ses exemples qui dément l’idée qui veut que le moins on comprend quelqu’un le plus il sait.

Avec une humeur plus qu’optimiste, Emilio Lledó commence sa conférence avec un avertissement : « Ne vous laissez pas convaincre par ceux qui disent que la vie aujourd’hui n’a jamais été pire...il ne faut pas...J’ai déjà vécu longtemps et je peux vous garantir qu’on l’a toujours dit cela et que la vie, maintenant, est meilleure qu’avant. Malgré la brutalité, la violence, la barbarie de l’être humain, on n’a pas le droit d’arrêter de se battre pour la vie, pour l’amour, pour les mots...on n’a pas le droit de perdre l’espoir car, s’il est vrai que tant qu’il y a de la vie, il y a d’espoir, c’est surtout que tant qu’il y aura d’espoir, il y aura de la vie ».

Alors, quelle est la clé du progrès, de la vie ? Les mots. Car « on est humain pour l’exercice du langage » assure-t-il. Autour des mots se déroule son discours, le langage est comme un fil conducteur de la vie. « Le monde est plein de langues maternelles mais ce ne sont pas elles qui nous définissent mais les langues matrices ». Les langues matrices, au delà des frontières qui marquent les langues maternelles, sont « l’empreinte digital de notre être, propre a chacun ». C’est cette variété des langues qui, selon Lledó, enrichissent le Monde.
« L’écriture nous permet de dialoguer avec les langues du passé, avec Kant, avec Descartes...Et la parole nous permet de le faire avec les langues matrices qui nous entourent ». C’est pour cela que la diversité n’est pas un obstacle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à l’endroit de la Tour de Babel, mais une possibilité de nous enrichir. Trouver les points communs qui nous permettent de comprendre l’autre pour - à partir de là - discuter avec chaque individu, en dialoguant avec d’autres langues matrices, avec d’autres personnes.

L’Europe, même si Lledó n’en a pas parlé, est un exemple de la recherche de l’union, pas par l’unification mais par l’enrichissement que, grâce à la diversité, on peut atteindre quand existe une entente. Ca l’est ou, au moins, ça peut l’être.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

Tuesday, February 19 2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Pérez-Reverte, l’héros de coeur dur

reverte_barba_defrente.jpgSi le monde était divisé entre «agneaux et lutteurs», Arturo Pérez-Reverte serait, selon ses propres mots, un lutteur. Cet écrivain espagnol, né en Cartagena en 1951 est bien connu surtout grâce a sa saga «Le Capitan Alatriste» mais ce qui a formé la dure personnalité qu’il porte aujourd’hui avec élégance est son préalable travail comme journaliste, son profil de jeune aventurier.

«Tout a commencé dans une bibliothèque», raconte-il sur l’instant quand son imagination était réveillée. Avec 20 ans et son sac à dos, il a décidé d’aller connaître les endroits et personnages des livres. «À cette âge j’étais jeune et cruel et le monde était ma scène». Peut-être que à cause de cela il a opté pour les territoires en guerre. Aussi à cause de cela il est devenu reporter, car il se sentait chasseur, chasseur d’images. «Quand on va à la guerre, avec le billet de retour dans la poche, la guerre semble un monde fascinant».
Sa fonction dans Facteur Humain était enseigner un peu aux 800 jeunes qui l’écoutaient. Mais dans ce cas là, loin de la chaleur transmise par Ana María Matute, son message était beaucoup plus cynique. «J’ai un mauvais concept de l’être humain, l’élan de l’être humain est méchant, l’être humain est un connard, quoique la culture et la société puissent lui rendre bon finalement». Peut-être que Reverte ait lu lorsque sa jeunesse un livre de Hobbes et ait appris ainsi que «l’homme est un loup pour l’homme», ou peut-être que, plus probablement, la guerre l’ait montré le côte obscur des hommes.

Pérez-Reverte, aujourd’hui en Espagne mais avec le coeur encore dans quelque guerre ailleurs, parle de méfiance, de dignité, d’estime (mais pas d’amour), de batailles et de victoires. Il nous parlait des Ulysses du monde «des héros qui survivent, quand Achilles dévient un Ulysses, alors in ne reste qu’un héros avec le cœur dur». C’est lui-même peut-être un héros à sa façon?
«Pour quoi se battre, Arturo?», on lui demande. «Pour se sentir digne, pour ne pas se sentir vaincu».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

Sunday, February 17 2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Les multiples réalités de l’écrivain espagnole Ana Maria Matute

NAC_CUL_web_45.jpgPlongée dans une pluie d’applaudissement, monte sur scène une vielle dame, belle, soignée et petite. C’est Ana Maria Matute, écrivain espagnole renommée, auteur de livres pour enfants et membre de la Real Academia de la Lengua Española (L'Académie Royale Espagnole). Elle est venue répondre a une question : Qui va nous imaginer? Attendrissante et proche, une fois assise elle nous prévient d’un doux sourire : « Je ne suis pas dure d’oreille, je suis sourde et en plus tête-en-l’air... j’ai encore oublié mon audiophone... »

Cette écrivain n’est, ni ne veut jouer l’érudite, elle est, d’après ses propres mots, écrivain. Elle nous explique qu’elle a commencé a écrire parce que le monde ne la comprenait pas « j’ai pensé, si le monde ne veut pas de moi, et bien je veux en inventer un ; je fais partie du deuxième groupe d’écrivains, ceux qui le sont malgré eux ». Avec une voix posée et un ton doux, elle nous parle des réalités multiples qui nous entourent et de comment, avec le temps, on perd la capacité de nous déplacer de l’une à l’autre, de comment on perd la magie. C’est pour cela qu’elle a souvent écrit pour les enfants « ce n’est pas parce que je les aime bien, car je ne les aime pas, mais parce qu’ils m’intéressent, leur monde m’intéresse, car c’est un monde rond ; quand on écrit pour les enfants, il ne faut pas se préoccuper s’ils comprennent ou pas car ils te comprennent toujours, pas comme les adultes ». Malgré cela, elle dit être fatiguée d’écrire pour les enfants, elle dit chercher d’autres choses, elle cherche l’adulte qui « n’est plus que ce qui reste de l’enfant, pour le meilleur ou pour le pire ».
Elle nous lit un de ses contes d’enfants bêtes El niño que era amigo del diablo et elle nous raconte quelques détails de son enfance de papier. Aujourd’hui, à l’ âge de 82 ans, elle continue à avoir deux vies, l’une réelle et l’autre de mots, « l’une n’exclut pas l’autre, affirme-t-elle en rigolant, avoir une vie de papier n’empêche pas de passer à l’autre vie, qui a des choses aussi merveilleuses que faire l’amour sur la rivière des pierres ». Elle se confie car c’est une personne sans rien à craindre, « je vis parfois dans les mots, mais quand je sors, je redeviens la petite voyou que je suis ». Une petite « voyou » qui déteste se lever tôt, qui fait la sieste et qui adore boire un verre le soir entourée d’amis, une femme qui comprend mieux un farfadet qu’un directeur de banque.

Après elle nous a fait comprendre qu’elle n’allait pas répondre aux questions complexes sur le future « je n’en sais rien, fiston, je ne sais rien de ce qu’il peut arriver...les gens croient que rien que pour être écrivain, on doit en savoir sur tout ». Elle nous laisse une leçon « j’aime la vie, je l’aime beaucoup car on en a qu’une...ou au moins, c’est ce que l’on dit ».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

Monday, January 21 2008

BOLOGNE : Le système de credits

La mise en œuvre de l’Espace européen d’enseignement supérieur (EEES) comprend l’implantation du crédit européen comme unité d’évaluation des études supérieures. Le Système européen de transfert et d’accumulation de crédits (ECTS) vient remplacer les 10 heures d’enseignement par crédit du système espagnol actuel par un temps de travail entre 25 et 30 heures à réaliser par l’étudiant. Ce travail comprend les heures de cours théoriques ainsi que les travaux pratiques, les tutorats, les séminaires, le travail personnel quotidien, les travaux notés et les stages en entreprises qui font partie du programme d’études officiel.

estudiantecodigobarra.jpgL’ECTS, abréviation du terme anglais European Credit Tranfer System, a été créé en 1989, dans le cadre du programme Erasmus, et adopté en Espagne suite au décret 1125/2003. A l’origine, ce système facilitait la reconnaissance des périodes d’études réalisées à l’étranger mais aujourd’hui il est en train de devenir un système d’accumulation à niveau européen qui veut répondre aux objectifs de la déclaration de Bologne de 1999. Malgré le refus généralisé de la part des étudiants et de beaucoup de professeurs regroupés dans différents plateformes, le ministère de l’Education espagnol ainsi que les universités espagnoles travaillent lentement sur la mise en place, à partir de l’année prochaine (2008-2009), des demandes de l’EEES, car, comme l’indique la déclaration de Bologne, la date limite est fixée à 2010.

Le concept des diplômes actuels disparaît pour laisser place aux Grades. Leur durée sera de 4 ans en Espagne et la plupart auront 60 crédits par année, soit autours de 40 heures de travail hebdomadaire, avec la présence obligatoire aux cours et aux tutorats. Ce système n’admet pas les étudiants qui doivent travailler et étudier en même temps. Le master deviendra officiel et aura une charge de 60 à 120 crédits européens, soit une ou deux années scolaires.
Avec ces mesures, l’«université européenne » impose la discipline des horaires de travail, afin que les étudiants s’adaptent au travail en entreprise et apprennent à travailler sous pression.

Daniel Domínguez
Traduit par Verónica de la Rosa

Le processus de BOLOGNE, illusion ou realite?

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Le processus de Bologne est la réforme européenne du système universitaire. Il est né en 1999 dans la ville dont il porte le nom, avec 46 pays signataires. Si les groupes qui s’y opposent ne l’empêchent, il sera complètement instauré pour 2010.

La déclaration de la Sorbonne (Allemagne, France, Italie et Grand Bretagne) [Paris, 1998] a posé les jalons des changements nationaux, internationaux et institutionnels qui étaient prévus (et sont prévus car d’autres changements restent encore à lancer) pour l’université. Il a fallu onze ans pour que, après plusieurs accords, les universités européennes soient unifiées et puissent concurrencer celles des Etats-Unis. Ce qui n’est apparemment pas très unifié est l’avis populaire. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu dans les rue d’Athènes, Paris, Barcelone, Grenade ou Séville lors desquelles des étudiants et professeurs ont plus ou moins rejeté une partie de ces reformes. La libéralisation de l’université entraînera-t-elle sa privatisation?

*Tout au long du mois, vous pourrez trouver sur ce blog plus d’informations sur le processus de Bologne pour lequel l’équipe de Sevilla Babel essayera de répondre à la question : « Processus de Bologne : Illusion ou réalité ? »

Mª Concha Hierro
Traduit par Verónica de la Rosa