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Propositions pour revendiquer les droits du peuple gitan en Europe

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Face au panorama des manifestations racistes de plus en plus nombreuses en Europe contre la communauté gitane, revendiquer la culture de ce collectif au sein d'espaces comme celui qui a eu lieu le 29 septembre dernier à Séville peut être le point de départ pour trouver la solution au manque de compréhension et d'information entre les différents citoyens de l'Union.

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#Spanish revolution, ou quand la politique est descendue dans les rues

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''Place Sol-ution Photo: Toni Juliá''

La bouche de métro de la Puerta del Sol à Madrid souhaite la bienvenue à un nouveau lieu : Place Sol.ution. Un lieu pour rêver et pour rendre possible un autre monde. Un lieu où des milliers de personnes manifestent et où, depuis dimanche dernier, d’abord des dizaines puis des centaines d’entre elles campent à l’endroit qui est devenu l’épicentre de la #spanishrevolution. Ils en ont assez et sont indignés. Ils demandent une société plus égalitaire et un système politique qui ne soit pas subordonné aux pouvoirs économiques car l’Espagne, comme ils le crient dans leurs consignes, « ressemble à une démocratie, et ne l’est pas ».

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L'essence du rap pulvérise les frontières

Le collectif de rappeurs «Costa a Costa» (« Côte à Côte ») plaide pour la cohabitation entre cultures

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Sur un rythme de hip hop, Federico Gandía, l'un des membres de «Costa a Costa» explique à Babel Sevilla l'essence du rap multilingue.

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Communiqué de soutien de EA aux mouvements du 15-M (15 Mai)

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European Alternatives soutient le mouvement né ces derniers jours en Espagne, qui lutte pour une démocratie réelle, capable d'offrir aux citoyens une vraie option politique sur leur futur et capable de confier les principales décisions économiques à leur contrôle.

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Sortez de la grisaille d’entre-fête, c’est feSt !

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Quoi de plus agréable que de se laisser emporter dans un voyage poétique sur les berges du Guadelquivir ?


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Investigation européenne made in Séville

Séville héberge depuis 1994 à la "isla de la cartuja" l'institut de prospective technologique (IPTS), un des sept centres d'investigation du centre commun d'investigation de la Commission Européenne.

Souvent quand on parle d'institutions européennes, on pense tout de suite à des villes comme Bruxelles, Luxembourg ou Strasbourg. C'est pour cela qu'on trouve surprenant, la présence, inconnue pour une grande majorité, d'un organisme dépendent de la Commission Européenne à Séville.

Le "IPTS", où travaillent actuellement environ 200 personnes dont des fonctionnaires de la commission, scientifiques invités et experts des différents états membres, a comme mission de procurer un soutient technico-scientifique à la formulation de politiques communautaires, en réalisant des projets a pétition des différentes Directions Générales de la Commission et pour le Parlement Européen dans les dernières années. Le travail scientifique de haut niveau qu'il y a à l'IPTS se structure en cinq zones séparées: production et consommation durable, énergie et transport, société de l'information, la connaissance au service de l'information et des aspects économiques de l'agriculture et le développement rural.

Le "IPTS" n'est pas, par contre, l'unique organisme dépendent de la Commission Européenne qui compte sur la présence de l'Espagne: l'agence européenne pour la sécurité et la santé au travail se trouve à Bilbao et le projet européen sur l'énergie de fusion s'est lancé en 2007 à Barcelone, même si probablement l'organisme européen le plus important à l'intérieur de nos frontières est le bureau d'harmonisation du marché intérieur (OAMI), qui s'occupe du registre des marques, dessins et modèles communautaires, dont le siège se trouve à Alicante.

Carlos Sánchez
Traducteur: Khalil Taoufik Bouazzaoui

Garçons et béquilles

Une photographie de la plage du golfe à Lanzarote. Sur le sable gris, au loin, presque invisible, un couple se serre dans les bras...

Pedro Almodóvar s'est pris la tête pendant des années avec cette image qu'un jour a trouvé par hasard, en préparant un scénario d'un film qui résoudra en fin les mystères qui se posaient: qui étaient-ils, pourquoi se serraient-ils dans les bras, que faisaient-ils la-bas ou que leur est-il passé. Almodovar a besoin d'être obsédé par ses histoires jusqu'à ce qu'elles ne le laissent plus dormir, et seulement à ce moment-là qu'il se convainc de tourner son film, en sorte d'exorcisme sain. Dans le film "Los abrazos rotos", par contre, l'auto complaisance du directeur - que dans autres films était parfaitement compatible avec le goût du public - n'est finalement qu'un égocentrique et émotionnellement hermétique exercice de style vide, qui ne provoque rien de plus que de la frustration et de la déception du spectateur, loin des présumés hauts et bas sentimentaux des personnages effacés et aux histoires aussi tordus qu'invraisemblables.

Apparemment, "Los abrazos rotos" avait tout les ingrédients pour être un super film: une répartition de stars aux ordres d'un directeur avec un talent indiscutable pour beaucoup de gens, une musique composée par le talentueux Alberto Iglesias ou la présence de Rodrigo Prieto (Brokeback Mountain) qui s'occupe de la photographie. Avec autant de bonne matière première le résultat final du film est beaucoup plus regrettable et, pour rechercher l'élément clef de cet échec retentissant, il ne reste plus que faire appel au scénario. le problème principal du film c'est qu'il commence par de mauvaises histoires, ou plutôt, mal développées, mal tressées et mal résolues. À partir de là c'est tout à fait logique que tout commence à échouer comme si c'était un effet domino.

Seul l'invraisemblance des dialogues écrits par Almodóvar -Des fois digne de maladroites opéras primas-, explique que pas un seul des mots prononcés par Lluis Homar, Tamar Novas ou Ruben Ochandiano sont convaincants, naturels, véritables, et même que les meilleures actrices du film, Penelope Cruz et Blanca Portillo, sont par moments ridicules en récitant les phrases de leurs personnages.

Quelque chose de bon du film? Oui, précisément ce que n'est pas le film, ce qui est en dehors du trame principal. C'est a dire, ces scènes intercalées de filles et valises, le film qui tourne le personnage interprété par Lluis Homar, où “les filles Almodovar” se promènent avec du charme et splendeur comme Chus Lampreave, Rossy de palma ou Carmen Machi, elles étaient toutes géniales dans leurs apparitions comiques. On a l'impression que cet “autre film” qui s'insère à la fin de “Los Abrazos rotos” fonctionne comme une démonstration accélérée du talent, pour se dédommager à temps de l'échec antérieur. Bien sûr, cela n'est pas suffisant pour éviter d'avoir signer ce qui est, de loin, son plus mauvais film jusqu'à aujourd'hui.

Salvador Gómez Barranco
Traducteur: Khalil Taoufik Bouazzaoui

Retour à Hansala

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Séville accueille la présentation du film Retour à Hansala dans le conservatoire professionnelle de musique «Cristóbal de Morales» avec la présence de sa directrice et scénariste Chus Gutiérrez. L'événement fut parfaitement organisé par Amnistia international.

C'est le 13 mars et l'hiver le plus dur et le plus long des dernières années touche à sa fin. la chaleur a ses avantages, on sent déjà l'odeur des fleurs d'orangers (Azahar). Comme d'habitude les journaux télévisés diffuseront la nouvelle des milliers d'africains "sans papiers" qui essaient d'arriver aux côtes espagnoles à la recherche d'une vie meilleur. Ils arrivent en petites barques ou kayaks, malheureusement un tricorne gâche leur rêve. Au pire des cas, les journaux télévisés diront qu'on a trouvé quelques corps dans la plage de Rota, Tarifa ou La Línea de la Concepción.

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Commentaire: Retour à Hansala

Le film est à mi-chemin entre la fiction et un documentaire. Il ne juge personne, il laisse le spectateur impassible pour qu'il réfléchisse à son propre. il raconte l'expérience du propriétaire d'une agence de services funèbres (Martin) qui va a Hansala pour emmener le corps d'un garçon qui apparut dans la plage de Rota, dans ce dur voyage l'accompagne la sœur du naufragé (Leila) qui depuis cinq années n'a pas visité son pays natale. Trop de clichés se confirment durant les démarches administratives et le voyage: le gendarme salopard, le vacarme dans la douane avec des fonctionnaires marocains incompétents, un vol dans une route secondaire...


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Il n'est pas excessivement dur mais il ne manque pas de sensibilité non plus, on pourrait le voir sans risquer de pleurer et il maintient un rythme très élevé. C'est facile de prévoir le changement qui se produira en Martin quand les morts cessent d'être des euros et deviennent des personnes avec des noms et des prénoms. La photographie et la musique sont a la hauteur d'un grand film, il faudrait juste faire une incise négative -si possible- : La décomposition du mariage que vit Martin, rien a voir avec l'histoire, et distrait un peu du profond sujet "retour a Hansala". En définitive, on a pu profiter du meilleur du ciné espagnole des dernières années.

Le salon des cérémonies du conservatoire était plein de gens, il y aurait une trentaine de personnes, mais malheureusement pour cette société, le jeune public était résiduel. La représentation politique ou institutionnelle manquait aussi; on sait déjà que la solidarité des politiciens est un masque avide de votes.
Pour conclure, notre félicitation à l'ONG Amnistia international car qu'ils se mobilisent suffisamment à séville, et aussi, à Chus Gutiérrez qui en plus de diriger le film fut la productrice, pour ce qu'elle a investi économiquement en "retour à Hansala". c'est un exemple à suivre dans la commercialisée industrie.

Adrián de la Rosa
Traducteur: Khalil Taoufik Bouazzaoui

Le conflit palestino-iraelien vu par Shlomo ben Ami Naïr

Encadré dans le congrès organisé par l'université de Séville, facteur humain, les deux intellectuelles se sont rendus au salon des actes comblé de jeunes gens pour démembrer un des conflits les plus enkysté. En pleines conversations pour former un gouvernement en Israël, aucun des deux montre de grands espoirs pour une solution rapide au conflit.

Shlomo Ben Ami: "Avec Netanyahu l'idée de deux états ne sera pas possible"

Politicien, diplomate et écrivain israélien formé a Oxford; plaide pour traiter le problème selon une perspective globale de la zone. "Il y a une interrelation entre beaucoup de problèmes qui existent en Proche-Orient, ils ne se résoudront pas l'un sans l'autre", affirma-t-il ce membre du parti laboriste israélien et ex-ministre des affaires étrangères. Il doute fort que "L'ère Obama" apporte des solutions au conflit palestino-israélien ou aux problèmes en Afghanistan, mais il compte sur un possible accord avec la Syrie, ce qui s'interprétera comme une majeure stabilisation dans la zone. "La syrie ne veut pas la paix avec Israël, elle la veut avec les Etats-Unis. pour cela elle doit passer par des accords avec Israël"

Après l'inaccomplie résolution de l'ONU de revenir aux frontières de 1967 et désespéré avec la tournure à droite des élections israéliennes, Sholmo Ben Ami ne compte pas sur que la solution au problème soit favorisé, néanmoins il affirme que la solution Jordano-palestinienne est possible. "Les palestiniens leur manque un mouvement national uni qui jouerait le rôle d'intermédiaire. Abbas est une bonne personne au sens négatif du mot. Ce n'est pas un bon leader et l'ombre de la corruption le couvre", affirmait Ben Ami, "C'est pour cela que le Hamas surgit, c'est la réponse a l'incompétence du Fatah".

"Le Hamas ne soutient pas l'idée de deux états, mais il faut négocier avec lui, ce n'est pas un mouvement jihadiste global, ce n'est pas Ben Laden" juge-t-il, "Ça serait une erreur penser que le Hamas n'est pas ni doit être dans le jeu politique. La communauté internationale s'est trompé en essayant de l'écarter", appuya ce vice-président du centre international de Tolède pour la paix.

Sami Naïr: "Avec le triomphe de l'extrême droite israélienne, le Hamas a l'excuse parfaite".

Algérien nationalisé français, politologue, philosophe et sociologue spécialiste en mouvement migratoire, plaide pour un changement de paradigme basé sur la paix pour la sécurité et non pas vice versa. "Avec les accords d'Oslo, l'idée de paix en contrepartie de la sécurité s'est implanté, après est venu: sécurité pour la paix, maintenant on doit entrer dans la période de la paix pour la sécurité" affirma Naïr dans la table ronde.

"Israël n'est pas un problème de politique extérieure pour les Etats-Unis mais d'intérieur. Israël est le cheval de bataille américain dans la zone de Proche-Orient. Tout comme Shlomo, je ne crois pas non plus que Obama apportera la solution, corrobore-t-il sceptique. "À moins qu'on obtient une nouvelle vue basée sur la tournure qui a produit la conférence de Madrid mais il faut que le président Obama amène les Etats-Unis aux institutions internationales et qu'il attribue a l'ONU son rôle de pacificateur". Sami Naïr mise pour une solution qui passe par quatre points: séparer les belligérants, créer une table de négociation sous l'autorité de l'ONU, condamner le non respect aux lois internationales et mettre en marche un plan de développement économique commun entres les deux parties. "Mon rêve c'est qu'on organise une conférence générale de l'ONU à Jérusalem et qu'on dise là-bas même que nous devons achever ce conflit qui nuit autant à la dignité de tout les deux.

Concha Hierro
Traducteur: Khalil Taoufik Bouazzaoui

Federico Mayor Zaragoza: «Le temps de l’émancipation des citoyens est arrivé»

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C’est la troisième fois que l'université de Séville organise un forum académique sur l’analyse des facteurs humains. Cette initiative réunit année après année les plus grands intellectuels de notre temps. Quatre jours, durant lesquels, quelque huit cents élèves fréquentent les salles de l'Ecole d'ingénieurs de la ville de Séville pour toucher du doigt une réalité complexe qui laisse à chacun du temps pour la réflexion au sein de l’université.

Federico Mayor Zaragoza, ancien directeur général de l'UNESCO et professeur de Biochimie, fut l'un des invités de cette troisième édition. Sa conférence, «Combien de monde y a t’il?», a pendant environ deux heures secoué les consciences, et invité les citoyens à devenir les acteurs du changement social. «Nous ne pouvons pas tolérer d’avantage ce système de forces», se référant à l’ONU et à la paralysie que produit le système du droit de veto dont dispose le conseil de sécurité, qui remet en cause l’efficacité même de l’ONU. Mayor Zaragoza, l'une des personnes qui a le plus d’échos dans le progressisme européen, incite tous les gens qui par scepticisme ou inappétence résistent au changement, à devenir les acteurs de celui ci. «Il y a beaucoup de choses à changer mais certaines doivent impérativement perdurer comme notre constitution, qui commence par «Nous les peuples ...»

La conférence fut un appel à l'action, à la veille de la campagne européenne pour les élections au Parlement européen en Juin. «La démocratie ne consiste pas en ce qu’ils nous racontent, non plus en ce que nous racontons en tant que citoyens», a dit l’ex euro parlementaire au public. «Nous devons changer de sujet pour les citoyens, nous devons connaître la réalité avant de pouvoir la changer, c'est-à-dire connaître tous ce qui est visible et ce qui ne l’est pas», dit il en dénonçant la sous-information et la désinformation qui s’infiltre au sein de nos sociétés. «Nous nous efforçons de voir l'invisible, ce qui est à l’écart des masse médias».

Analyser la réalité afin de l’anticiper:"Il n'y a pas de plus belle victoire que celle de l’anticipation», a déclaré le président de la Fondation de la culture de la paix, le deuxième jour de la réunion. « Et il n’y a qu’à parler, briser le silence des silencieux et de ceux que l’ont empêche de parler». Après les discours, les jeunes ont brisé le silence sépulcral d’un public attentif en se levant pour applaudir.

Concha Hierro
Traductrice: Garance Tardieu

L'inégalité entre les hommes et les femmes, mais seulement un problème islamique?

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En Afrique, il existe des lois de discriminations fondées sur des croyances ethniques qui sont désobligeantes pour les femmes. Dans des pays comme le Soudan et le Nigéria, l'excision est pratiquée en toute impunité, même dans les communautés chrétiennes. En inde, la tradition oblige l’épouse à préparer la maison qui accueillera le futur couple,  si non, la femme sera répudiée par sa famille. Même en Europe et aux États-Unis, référence absolue du progrès et de la liberté, le monde de la finance et de la politique reste en grande partie dans les mains des hommes. Notre situation est-elle une simple question religieuse ou peut-être un exemple de machisme universel? Avec cette approche, Shirin Ebadi, une avocate iranienne, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2003, invite à réfléchir lors d'une conférence sur l'égalité entre les sexes, qui s'est tenue à l'Université de Séville.

 
Shirin Ebadi
Malgré les grandes avancées en matière d’égalité qui ont été obtenus tout au long du XXe siècle, «il reste beaucoup à faire », dit Ebadi. Un exemple clair de ceci est que la Finlande, un modèle de parité, ne se sent pas totalement satisfait. Après une visite de ce pays scandinave, le lauréat du prix Nobel a déclaré que la domination de l'homme va «au-delà de quelques écritures ». L'avocate iranienne se rend compte, que même dans l'un des pays les plus « développés » l'égalité des sexes est une réalité, «la majorité des personnes qui ont assisté à la conférence portaient un autocollant représentant le symbole de l'euro, en protestation face à la différence de ¼ sur le salaire moyen entre les hommes et les femmes "

En ce sens, Sharina Ebadi se montre critique face à l'idéalisation de l'Occident et pense que le statut des femmes est à des stades différents de développement entre l'Europe et l'Orient. Ainsi, Shirin Ebadi fait une référence particulière au régime de Franco en Espagne, au sein duquel dans les années 60 les femmes devaient demander la permission à leur mari pour voyage ou encore retirer de l'argent à la banque. Situation très semblable à la vie d'aujourd'hui, dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Koweït ou le Yémen, où les femmes sont considérées comme des citoyennes de seconde classe, et dont le statut social dépend du nombre de fils qu’elles ont mit au monde. Cela revient une fois de plus à se questionner : « pensez-vous que ce sont des lignes de conduites théologiques ou la simple justification du pouvoir masculin ? »

Le chemin de l'Etat laïque: contradictions

Ebadi Sharina aime à penser la possibilité d'accélérer le processus d'égalité par l’intermédiaire de l'établissement d'un État laïque, mais avec une certaine indignation, elle accuse l’Occident de simplifier le problème, de toute évidence, il ne tiens pas compte de l'existence de lois islamiques pour les populations civiles. Toutefois, elle fait allusion à des passages du Coran qui soutient les lois iraniennes dans lesquelles un homme peut épouser 4 femmes et se séparer d’elles, sans raison valable apparente, et non le contraire. Une législation qui considère la vie d'un homme comme le double de celui d'une femme et qui la bat quand celle-ci désobéit. Par conséquent, il est convenu que le découplage de l'État et la religion sont nécessaires, mais loin d’être vital. En Irak, ajoute-t-elle, "l'agression sur les femmes a considérablement augmenté depuis que le régime de Saddam Hussein fut évincé, et maintenant quoi?"

Rosa Luxemburg en Allemagne au début du vingtième siècle, la conquête du suffrage universel, la citoyenneté, l'égalité au travail, etc. sont des petites avancées dignes de reconnaissances, mais elles ne suffissent pas. Actuellement, au Parlement iranien travaillent treize femmes sous la pression des fondamentalistes, alors que 65% des étudiants sont des filles. En Iran, il y à 50 ans, se pratiquait le suffrage universel avec l'islam comme religion officielle. Aujourd'hui, Sharif Ebadi rencontre de grandes difficultés à représenter ses clients si elle ne professe pas la religion musulmane. Alors qu’en Chine les familles abandonnent ou tuent leurs fille car l’homme continue d’être le roi, « j’insiste de nouveau : est-ce un problème de religion ou bien qu’il y a trop de pouvoir dans les mains des hommes? »

Clara Fajardo
Traducteur: Garance Tardieu

FACTEUR HUMAIN 2008: Emilio Lledó et les mots

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Emilio_Lledo.jpgEmilio Lledó Iñigo est né a Séville il y a 81 ans, mais il a l’air jeune. Le philosophe est, peut être avant tout, un amoureux du langage ; il mesure et déguste chaque mot et réussit à faire que tous ce qui l’écoutent se régalent avec ses discours comme avec les meilleurs des plats. Non pas que ce soit un langage complexe et poétique, bien au contraire, mais en raison de la précision et de la simplicité avec lesquelles il exprime les idées les plus abstraites. Il est un des ses exemples qui dément l’idée qui veut que le moins on comprend quelqu’un le plus il sait.

Avec une humeur plus qu’optimiste, Emilio Lledó commence sa conférence avec un avertissement : « Ne vous laissez pas convaincre par ceux qui disent que la vie aujourd’hui n’a jamais été pire...il ne faut pas...J’ai déjà vécu longtemps et je peux vous garantir qu’on l’a toujours dit cela et que la vie, maintenant, est meilleure qu’avant. Malgré la brutalité, la violence, la barbarie de l’être humain, on n’a pas le droit d’arrêter de se battre pour la vie, pour l’amour, pour les mots...on n’a pas le droit de perdre l’espoir car, s’il est vrai que tant qu’il y a de la vie, il y a d’espoir, c’est surtout que tant qu’il y aura d’espoir, il y aura de la vie ».

Alors, quelle est la clé du progrès, de la vie ? Les mots. Car « on est humain pour l’exercice du langage » assure-t-il. Autour des mots se déroule son discours, le langage est comme un fil conducteur de la vie. « Le monde est plein de langues maternelles mais ce ne sont pas elles qui nous définissent mais les langues matrices ». Les langues matrices, au delà des frontières qui marquent les langues maternelles, sont « l’empreinte digital de notre être, propre a chacun ». C’est cette variété des langues qui, selon Lledó, enrichissent le Monde.
« L’écriture nous permet de dialoguer avec les langues du passé, avec Kant, avec Descartes...Et la parole nous permet de le faire avec les langues matrices qui nous entourent ». C’est pour cela que la diversité n’est pas un obstacle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à l’endroit de la Tour de Babel, mais une possibilité de nous enrichir. Trouver les points communs qui nous permettent de comprendre l’autre pour - à partir de là - discuter avec chaque individu, en dialoguant avec d’autres langues matrices, avec d’autres personnes.

L’Europe, même si Lledó n’en a pas parlé, est un exemple de la recherche de l’union, pas par l’unification mais par l’enrichissement que, grâce à la diversité, on peut atteindre quand existe une entente. Ca l’est ou, au moins, ça peut l’être.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

FACTEUR HUMAIN 2008: Pérez-Reverte, l’héros de coeur dur

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reverte_barba_defrente.jpgSi le monde était divisé entre «agneaux et lutteurs», Arturo Pérez-Reverte serait, selon ses propres mots, un lutteur. Cet écrivain espagnol, né en Cartagena en 1951 est bien connu surtout grâce a sa saga «Le Capitan Alatriste» mais ce qui a formé la dure personnalité qu’il porte aujourd’hui avec élégance est son préalable travail comme journaliste, son profil de jeune aventurier.

«Tout a commencé dans une bibliothèque», raconte-il sur l’instant quand son imagination était réveillée. Avec 20 ans et son sac à dos, il a décidé d’aller connaître les endroits et personnages des livres. «À cette âge j’étais jeune et cruel et le monde était ma scène». Peut-être que à cause de cela il a opté pour les territoires en guerre. Aussi à cause de cela il est devenu reporter, car il se sentait chasseur, chasseur d’images. «Quand on va à la guerre, avec le billet de retour dans la poche, la guerre semble un monde fascinant».
Sa fonction dans Facteur Humain était enseigner un peu aux 800 jeunes qui l’écoutaient. Mais dans ce cas là, loin de la chaleur transmise par Ana María Matute, son message était beaucoup plus cynique. «J’ai un mauvais concept de l’être humain, l’élan de l’être humain est méchant, l’être humain est un connard, quoique la culture et la société puissent lui rendre bon finalement». Peut-être que Reverte ait lu lorsque sa jeunesse un livre de Hobbes et ait appris ainsi que «l’homme est un loup pour l’homme», ou peut-être que, plus probablement, la guerre l’ait montré le côte obscur des hommes.

Pérez-Reverte, aujourd’hui en Espagne mais avec le coeur encore dans quelque guerre ailleurs, parle de méfiance, de dignité, d’estime (mais pas d’amour), de batailles et de victoires. Il nous parlait des Ulysses du monde «des héros qui survivent, quand Achilles dévient un Ulysses, alors in ne reste qu’un héros avec le cœur dur». C’est lui-même peut-être un héros à sa façon?
«Pour quoi se battre, Arturo?», on lui demande. «Pour se sentir digne, pour ne pas se sentir vaincu».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

FACTEUR HUMAIN 2008: Les multiples réalités de l’écrivain espagnole Ana Maria Matute

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NAC_CUL_web_45.jpgPlongée dans une pluie d’applaudissement, monte sur scène une vielle dame, belle, soignée et petite. C’est Ana Maria Matute, écrivain espagnole renommée, auteur de livres pour enfants et membre de la Real Academia de la Lengua Española (L'Académie Royale Espagnole). Elle est venue répondre a une question : Qui va nous imaginer? Attendrissante et proche, une fois assise elle nous prévient d’un doux sourire : « Je ne suis pas dure d’oreille, je suis sourde et en plus tête-en-l’air... j’ai encore oublié mon audiophone... »

Cette écrivain n’est, ni ne veut jouer l’érudite, elle est, d’après ses propres mots, écrivain. Elle nous explique qu’elle a commencé a écrire parce que le monde ne la comprenait pas « j’ai pensé, si le monde ne veut pas de moi, et bien je veux en inventer un ; je fais partie du deuxième groupe d’écrivains, ceux qui le sont malgré eux ». Avec une voix posée et un ton doux, elle nous parle des réalités multiples qui nous entourent et de comment, avec le temps, on perd la capacité de nous déplacer de l’une à l’autre, de comment on perd la magie. C’est pour cela qu’elle a souvent écrit pour les enfants « ce n’est pas parce que je les aime bien, car je ne les aime pas, mais parce qu’ils m’intéressent, leur monde m’intéresse, car c’est un monde rond ; quand on écrit pour les enfants, il ne faut pas se préoccuper s’ils comprennent ou pas car ils te comprennent toujours, pas comme les adultes ». Malgré cela, elle dit être fatiguée d’écrire pour les enfants, elle dit chercher d’autres choses, elle cherche l’adulte qui « n’est plus que ce qui reste de l’enfant, pour le meilleur ou pour le pire ».
Elle nous lit un de ses contes d’enfants bêtes El niño que era amigo del diablo et elle nous raconte quelques détails de son enfance de papier. Aujourd’hui, à l’ âge de 82 ans, elle continue à avoir deux vies, l’une réelle et l’autre de mots, « l’une n’exclut pas l’autre, affirme-t-elle en rigolant, avoir une vie de papier n’empêche pas de passer à l’autre vie, qui a des choses aussi merveilleuses que faire l’amour sur la rivière des pierres ». Elle se confie car c’est une personne sans rien à craindre, « je vis parfois dans les mots, mais quand je sors, je redeviens la petite voyou que je suis ». Une petite « voyou » qui déteste se lever tôt, qui fait la sieste et qui adore boire un verre le soir entourée d’amis, une femme qui comprend mieux un farfadet qu’un directeur de banque.

Après elle nous a fait comprendre qu’elle n’allait pas répondre aux questions complexes sur le future « je n’en sais rien, fiston, je ne sais rien de ce qu’il peut arriver...les gens croient que rien que pour être écrivain, on doit en savoir sur tout ». Elle nous laisse une leçon « j’aime la vie, je l’aime beaucoup car on en a qu’une...ou au moins, c’est ce que l’on dit ».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

BOLOGNE : Le système de credits

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La mise en œuvre de l’Espace européen d’enseignement supérieur (EEES) comprend l’implantation du crédit européen comme unité d’évaluation des études supérieures. Le Système européen de transfert et d’accumulation de crédits (ECTS) vient remplacer les 10 heures d’enseignement par crédit du système espagnol actuel par un temps de travail entre 25 et 30 heures à réaliser par l’étudiant. Ce travail comprend les heures de cours théoriques ainsi que les travaux pratiques, les tutorats, les séminaires, le travail personnel quotidien, les travaux notés et les stages en entreprises qui font partie du programme d’études officiel.

estudiantecodigobarra.jpgL’ECTS, abréviation du terme anglais European Credit Tranfer System, a été créé en 1989, dans le cadre du programme Erasmus, et adopté en Espagne suite au décret 1125/2003. A l’origine, ce système facilitait la reconnaissance des périodes d’études réalisées à l’étranger mais aujourd’hui il est en train de devenir un système d’accumulation à niveau européen qui veut répondre aux objectifs de la déclaration de Bologne de 1999. Malgré le refus généralisé de la part des étudiants et de beaucoup de professeurs regroupés dans différents plateformes, le ministère de l’Education espagnol ainsi que les universités espagnoles travaillent lentement sur la mise en place, à partir de l’année prochaine (2008-2009), des demandes de l’EEES, car, comme l’indique la déclaration de Bologne, la date limite est fixée à 2010.

Le concept des diplômes actuels disparaît pour laisser place aux Grades. Leur durée sera de 4 ans en Espagne et la plupart auront 60 crédits par année, soit autours de 40 heures de travail hebdomadaire, avec la présence obligatoire aux cours et aux tutorats. Ce système n’admet pas les étudiants qui doivent travailler et étudier en même temps. Le master deviendra officiel et aura une charge de 60 à 120 crédits européens, soit une ou deux années scolaires.
Avec ces mesures, l’«université européenne » impose la discipline des horaires de travail, afin que les étudiants s’adaptent au travail en entreprise et apprennent à travailler sous pression.

Daniel Domínguez
Traduit par Verónica de la Rosa

Le processus de BOLOGNE, illusion ou realite?

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Le processus de Bologne est la réforme européenne du système universitaire. Il est né en 1999 dans la ville dont il porte le nom, avec 46 pays signataires. Si les groupes qui s’y opposent ne l’empêchent, il sera complètement instauré pour 2010.

La déclaration de la Sorbonne (Allemagne, France, Italie et Grand Bretagne) [Paris, 1998] a posé les jalons des changements nationaux, internationaux et institutionnels qui étaient prévus (et sont prévus car d’autres changements restent encore à lancer) pour l’université. Il a fallu onze ans pour que, après plusieurs accords, les universités européennes soient unifiées et puissent concurrencer celles des Etats-Unis. Ce qui n’est apparemment pas très unifié est l’avis populaire. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu dans les rue d’Athènes, Paris, Barcelone, Grenade ou Séville lors desquelles des étudiants et professeurs ont plus ou moins rejeté une partie de ces reformes. La libéralisation de l’université entraînera-t-elle sa privatisation?

*Tout au long du mois, vous pourrez trouver sur ce blog plus d’informations sur le processus de Bologne pour lequel l’équipe de Sevilla Babel essayera de répondre à la question : « Processus de Bologne : Illusion ou réalité ? »

Mª Concha Hierro
Traduit par Verónica de la Rosa

Doux solstice d'hîver pour tous les babeliens!

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Le retour du Soleil

"Ce soir est le soir du solstice, la nuit la plus longue de l'année. Maintenant les ténèbres triomphent et il reste peu de lumière. La respiration de la nature est en suspension, tout attend, tout dort. Le Roi Obscur vit dans chacune petite lumière. Nous attendons l'aube quand la Grande Mère, encore une fois, mettera le soleil au monde, avec la promesse d'un nouveau printemps. Ainsi est le mouvement éternel, où le temps ne s'arrête jamais, dans un circle qui l'entoure tout. On tourne la roue pour soutenir la lumière. On appelle le soleil depuis le ventre de la nuit. Ainsi soit-il!".

Tels étaient les mots prononcés par la sacerdotice dans la Rome ancienne pour célebrer la festivité de la Saturnalia (pour consacrer le temple de Saturne, dieu de l'agriculture). Du 17 au 23 décembre les esclaves recevaient des rations extra de nourriture et temps libre; c'était un temps quand les champs laissent respirer aux familles de la campagne. Avec cette festivité on souhaitait la bienvenue à une nouvelle période de l'année, dans laquelle le Soleil s'approchait encore une fois à la Terre, allongeant les jours. Come ça, d'une festivité païenne, est né la festivité de Noël.

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Aujourd'hui, en attendent le 2008, les gens au Pôle Nord peuvent, probablement, le célebrer en compagnie de l'aurore boréale; avec le solstice d'hîver dans l'hemisphère nord le soleil atteint sa position méridionale (ou boréale) maximale. Le midi d'aujourd'hui est le moment de l'année où la distance entre la Terre et le Soleil est la plus longue, là où il y a moins de lumière.

En Seville, nuageuse aujourd'hui avec 14º C, nous souhaitons que tout le monde sur cette terre soit hereux, et que "le retour du soleil" soit célebré de la façon la plus douce possible.
Joyeux Noël et babel 2008!

Concha Hierro
Traduit par Patricia González Bermúdez

Une soirée de jouets pour les enfants palestiniens

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PC150009.JPGHier, samedi 15 décembre, enfants et adultes ont partagé le space dans Centro Andaluz de Arte Contemporáneo. Dans cette scéne priviligé du Monastaire de Santa María de las Cuevas (aussi connu comme le Monastaire de la Cartuja), entre anciens fours de céramique déjà démantelés, on a fait un musée entouré par jardins. L’initiative : une journée organisée par le Centro Andaluz de Arte Contemporáneo avec des autres institutions et organisations culturales de Seville, pleine de concerts et activités infantiles depuis 4 heure de l’aprèsmidi jusqu’à 1 heure du matin. Le prix d’entrée : un jouet d’esprit non bélique pour les enfants de la Palestine. La journée fût apellée : « Changeons musique pour jouets ».

Parents, enfants et personnes de tous les ages sont arrivés pour donner ses jouets à l’entrée, en recevoient une petite insigne adhésive qui servait comme passport dans le circuit. Pendant que les adultes s’amusaient avec tout un programme de concerts dans l’église (la moitié étaient de groupes espagnoles, mais aussi quelques uns provenantes de Bruxelles et Manchester), les plus jeunes pouvaient se rapprocher à un hélicoptère et se sentir pour un moment comme des pompiers en s’asseyant dans le camion qui était garé au jardin.
Parmi le reste d’activités infantiles on a trouvé une biblioteque, un thêatre, des ateliers, des magiciens et des narrateurs de contes. Tant les enfants comme ceux qui ne sont plus d’enfants pouvaient rêver avec les légendes des autres pays du monde, comme « L’attrape-rêves » et même jouer en devenant des protagoniste pendant quelques minutes. Ils ont pu aussi recuellir de petits cadeaux qu’amméner à la maison : un attrape-rêves, le pouvoir pour savoir le construire, une expérience magnifique partagée avec ses parents, frères, soeurs et amis... et un petit mot avec les choses qu’ils voudraient attraper dans le passé pour toujours.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

Pina Bausch: rupture et renouvellement

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Pina.jpgPina Bausch, danseuse et choréographe, naquit en 1940, à la fois que la Seconde Guerre Mondiale, à Solingen (Allemagne). Elle est la directrice du Tanztheater Wuppertal et vient de recevoir le Prix Kyoto 2007 pour sa contribution à la danse contemporanée internationale.

« Je suis pas interessée aux mouvements des gens, mais aux choses qui mouvent les gens ». Cette femme, creatrice du emblématique Café Müller (1978), petite, gracile, fumeuse invétérée et modérée dans ses propos, était formée entre sa Allemagne natale et l’École Julliard de New York. Elle à réussi à développer un langage propre grace auquel on peut pênetrer dans l’être humain : sa vulnerabilité et son besoin d’être aimé. Son oeuvre, avec plus des amants que des détracteurs tapageurs, a renouvellé le concept classique de la danse en la mélangeant sans pudeur avec les autres arts. C’est comme ça que son particulier thêatre-danse est né.



Concha Hierro del Hoyo
Traduit par Patricia González Bermúdez

On remballe le tapis bleu…jusqu’à l’année prochaine !

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UN FESTIVAL POUR NOUS DECOUVRIR

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2007 laisse le public européen orphelin avec la mort de deux des ses plus grand figures : Ingmar Bergman et Michelangelo Antonini. Le cinéma introspectif et personnel de ses deux auteurs est une référence obligatoire pour les nouveaux réalisateurs. Aujourd’hui, la société subit une crise de repères à tous les niveaux, cause directe et inévitable de la mondialisation. Et cette crise se répercute sur le cinéma car il a toujours été le miroir où nous nous regardons afin de savoir comment sommes nous. Un festival de cinéma européen comme celui de Seville est donc un ensemble de reflets qui nous permettent de découvrir ce que c’est ce que nous appelons l’Europe. Des milliers de citoyens de différentes nationalités ont eu l’opportunité de mieux se connaître grâce au cinéma car c’est seulement en nous connaissant, en comprenant chaque culture et en participant à la diversité culturelle du continent européen, que nous, Européens, pourrons fortifier et promouvoir le cinéma européen.

Existent-ils des éléments communs entre les différents cinémas européennes ? Un film hongrois peut-il être compris en Espagne ? Et un film espagnol en Hongrie ? Dans un monde où tout est mesuré en termes commerciaux, nous devons nous demander si les pays européens réalisent des produits audiovisuels « commercialisables » dans le reste du continent. Des programmes comme MEDIA et Eurimages ont essayé depuis des années que les citoyens européens regardent leur cinéma, souvent éclipsé par le cinéma nord-américain. L’histoire universelle du cinéma témoigne qu’il n’a jamais eu de cinéma européen homogène mais des auteurs qui ont su se faire remarquer grâce à leur cinéma personnel et parfois risqué. C’est plutôt positif qu’il n’ait pas eu d’homogénéisation, favorisant de ce fait la richesse culturelle de chaque pays, même s’il faut savoir qu’une formule existe sûrement pour que les produits audiovisuels des pays européens puissent rencontrer du succès hors leurs propres frontières. Le Sevilla Festival de Cine Europeo est un bon moyen de se rendre compte que, malgré les nombreuses différences, les cinémas européens ne sont pas si différents. La barrière de la langue est un moindre problème.

Une édition pleine de surprises

itsafreeworld09.jpgAvec une Sélection officielle pleine de réalisateurs renommés comme Volker Schlöndorff, Claude Chabrol, Ken Loach, Alexander Sokurov, Jacques Rivette, Jiří Menzel ou Fatih Akin, on prévoyait un haut niveau des films présentés à cette troisième édition. Cependant, ni Chabrol ni Loach, par exemple, n’ont convaincu un public qui s’est régalé avec la découverte du cinéma jeune et frais de Eran Kolirin (La visite de la fanfare), Eytan Fox (The Bubble) ou Joachim Trier (Reprise). Peut-être parce qu’ils comptent parmi les rares films qui réussissent à se débarrasser d’un ton amer de lamentation. Et le fait que les pays européens n’arrêtent pas de se reprocher les misères de leur propre histoire. Il y a des films qui sont des critiques nécessaires et justes. Parfois, le cinéaste veut montrer uniquement sa lamentation et sa résignation là où d’autres fois, il sert à faire face aux problèmes avec humour. Il est cependant incontestable que la plupart de cinéastes européens sentent la nécessité de regarder constamment vers le passé pour comprendre le présent. Les cinémas de certains pays européens reconnaissent avec un ton triste qu’ils sont toujours touchés par le trauma provoqué par l’absurdité de l’histoire récente de leur pays.

Nous soulignons

2007-11-10_galafuera.jpgIT’S A FREE WORLD. Le nouveau film de Ken Loach a réussi à obtenir le premier prix du festival, le Giraldillo de Oro, même si pour la plupart du public et de la critique, Loach déçoit à nouveau. Cette fois-ci, il présent une critique des mafias qui offrent du travail aux immigrées illégaux et les exploitent.

REPRISE. Le premier film du Norvégien Joachim Trier, Reprise, est un récit rythmé, avec un script magnifique, sur les expériences de deux jeunes écrivains. Un grand exercice de cinéma agile, moderne et frais.

L'HOMME DE LONDRES. La longtemps attendue adaptation du roman de Georges Simenon «L'Homme de Londres» de Béla Tarr, présentée lors de la dernière édition de Cannes, a été l’excuse pour que ce controversé réalisateur hongrois rencontre le public sévillan. Avec cette co-production hongroise, française et allemande, Tarr, à qui un hommage a été rendu lors de cette édition du festival, est fidèle à son style lent et minutieux et nous propose une histoire sur comment un fait fortuit peut complètement changer la vie de quelqu’un.

NOUS, LES VIVANTS. Esthétique expressionniste parfaite pour cet ensemble d’histoires sur les petites misères de la vie quotidienne des personnages. Une fable sur la valeur de la vie et l’importance d’essayer d’être heureux. Ce film, candidat aux Oscar par la Suède, a valu à son réalisateur, le suédois Roy Andersson, de partager le Prix de la critique avec l’allemand Akin (pour « De l’autre côté »). Une fin épatante et étonnante fait de ce film, souvent très drôle, un excellent exercice cinématographique.

IRINA PALM. Le film aimable typique qui séduit le public. Ce n’est pas en soi un reproche, mais ce qui critiquable est qu’il use de moyens faciles et d’un déroulement aussi conventionnel que prévisible. Cependant, le film montre une Marianne Faithfull immense qui fait que le spectateur croit l’histoire et sort du cinéma un air heureux sur le visage.

DE L’AUTRE CÔTÉ. Fatih Akin revient avec un film d’histoires croisées dont les personnages ont tous un lien commun ; suivant le style de Babel, du mexicain González Iárruti. A l’aide des expériences d’une activiste politique turque poursuivie dans son pays, Akin propose une réflexion sur la Turquie est-elle prête à faire partie de l’UE.

ULZHAN. Le vétéran Volker Schlöndorff revient avec un film tourné au Kazakhstan. L’histoire raconte avec un ton métaphysique le voyage d’un français au Kazakhstan afin de chercher des réponses, de chercher la mort. Sur son chemin il croise une jeune professeur kazakh qui l’accompagne. Un film différent, paisible et réflexif qui propose un voyage au spectateur, qui l’accepte avec plaisir.

MOI QUI AI SERVI LE ROI D'ANGLETERRE. Le tchèque Jiří Menzel, qui au long de sa carrière a fait preuve à maintes reprises d’humour intelligent et d’analyses claires concernant l’histoire de la République Tchèque, montre qu’il est toujours en pleine forme. Ce film se sert d’un personnage, un serveur attendrissant joué par Ivan Barnev, qui poursuit un rêve : devenir millionnaire. Drôle et très bien réalisé par le grand Menzel.

Emilio Gómez Barranco
Photographies : Lolo Vasco (photographe officiel du Sevilla Festival de Cine Europeo)
Traduit par Verónica González de la Rosa

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