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Sevilla Babel

Une fenêtre au Sud de l’Europe

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23

02

2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Emilio Lledó et les mots

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Emilio_Lledo.jpgEmilio Lledó Iñigo est né a Séville il y a 81 ans, mais il a l’air jeune. Le philosophe est, peut être avant tout, un amoureux du langage ; il mesure et déguste chaque mot et réussit à faire que tous ce qui l’écoutent se régalent avec ses discours comme avec les meilleurs des plats. Non pas que ce soit un langage complexe et poétique, bien au contraire, mais en raison de la précision et de la simplicité avec lesquelles il exprime les idées les plus abstraites. Il est un des ses exemples qui dément l’idée qui veut que le moins on comprend quelqu’un le plus il sait.

Avec une humeur plus qu’optimiste, Emilio Lledó commence sa conférence avec un avertissement : « Ne vous laissez pas convaincre par ceux qui disent que la vie aujourd’hui n’a jamais été pire...il ne faut pas...J’ai déjà vécu longtemps et je peux vous garantir qu’on l’a toujours dit cela et que la vie, maintenant, est meilleure qu’avant. Malgré la brutalité, la violence, la barbarie de l’être humain, on n’a pas le droit d’arrêter de se battre pour la vie, pour l’amour, pour les mots...on n’a pas le droit de perdre l’espoir car, s’il est vrai que tant qu’il y a de la vie, il y a d’espoir, c’est surtout que tant qu’il y aura d’espoir, il y aura de la vie ».

Alors, quelle est la clé du progrès, de la vie ? Les mots. Car « on est humain pour l’exercice du langage » assure-t-il. Autour des mots se déroule son discours, le langage est comme un fil conducteur de la vie. « Le monde est plein de langues maternelles mais ce ne sont pas elles qui nous définissent mais les langues matrices ». Les langues matrices, au delà des frontières qui marquent les langues maternelles, sont « l’empreinte digital de notre être, propre a chacun ». C’est cette variété des langues qui, selon Lledó, enrichissent le Monde.
« L’écriture nous permet de dialoguer avec les langues du passé, avec Kant, avec Descartes...Et la parole nous permet de le faire avec les langues matrices qui nous entourent ». C’est pour cela que la diversité n’est pas un obstacle, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à l’endroit de la Tour de Babel, mais une possibilité de nous enrichir. Trouver les points communs qui nous permettent de comprendre l’autre pour - à partir de là - discuter avec chaque individu, en dialoguant avec d’autres langues matrices, avec d’autres personnes.

L’Europe, même si Lledó n’en a pas parlé, est un exemple de la recherche de l’union, pas par l’unification mais par l’enrichissement que, grâce à la diversité, on peut atteindre quand existe une entente. Ca l’est ou, au moins, ça peut l’être.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

19

02

2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Pérez-Reverte, l’héros de coeur dur

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reverte_barba_defrente.jpgSi le monde était divisé entre «agneaux et lutteurs», Arturo Pérez-Reverte serait, selon ses propres mots, un lutteur. Cet écrivain espagnol, né en Cartagena en 1951 est bien connu surtout grâce a sa saga «Le Capitan Alatriste» mais ce qui a formé la dure personnalité qu’il porte aujourd’hui avec élégance est son préalable travail comme journaliste, son profil de jeune aventurier.

«Tout a commencé dans une bibliothèque», raconte-il sur l’instant quand son imagination était réveillée. Avec 20 ans et son sac à dos, il a décidé d’aller connaître les endroits et personnages des livres. «À cette âge j’étais jeune et cruel et le monde était ma scène». Peut-être que à cause de cela il a opté pour les territoires en guerre. Aussi à cause de cela il est devenu reporter, car il se sentait chasseur, chasseur d’images. «Quand on va à la guerre, avec le billet de retour dans la poche, la guerre semble un monde fascinant».
Sa fonction dans Facteur Humain était enseigner un peu aux 800 jeunes qui l’écoutaient. Mais dans ce cas là, loin de la chaleur transmise par Ana María Matute, son message était beaucoup plus cynique. «J’ai un mauvais concept de l’être humain, l’élan de l’être humain est méchant, l’être humain est un connard, quoique la culture et la société puissent lui rendre bon finalement». Peut-être que Reverte ait lu lorsque sa jeunesse un livre de Hobbes et ait appris ainsi que «l’homme est un loup pour l’homme», ou peut-être que, plus probablement, la guerre l’ait montré le côte obscur des hommes.

Pérez-Reverte, aujourd’hui en Espagne mais avec le coeur encore dans quelque guerre ailleurs, parle de méfiance, de dignité, d’estime (mais pas d’amour), de batailles et de victoires. Il nous parlait des Ulysses du monde «des héros qui survivent, quand Achilles dévient un Ulysses, alors in ne reste qu’un héros avec le cœur dur». C’est lui-même peut-être un héros à sa façon?
«Pour quoi se battre, Arturo?», on lui demande. «Pour se sentir digne, pour ne pas se sentir vaincu».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

17

02

2008

FACTEUR HUMAIN 2008: Les multiples réalités de l’écrivain espagnole Ana Maria Matute

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NAC_CUL_web_45.jpgPlongée dans une pluie d’applaudissement, monte sur scène une vielle dame, belle, soignée et petite. C’est Ana Maria Matute, écrivain espagnole renommée, auteur de livres pour enfants et membre de la Real Academia de la Lengua Española (L'Académie Royale Espagnole). Elle est venue répondre a une question : Qui va nous imaginer? Attendrissante et proche, une fois assise elle nous prévient d’un doux sourire : « Je ne suis pas dure d’oreille, je suis sourde et en plus tête-en-l’air... j’ai encore oublié mon audiophone... »

Cette écrivain n’est, ni ne veut jouer l’érudite, elle est, d’après ses propres mots, écrivain. Elle nous explique qu’elle a commencé a écrire parce que le monde ne la comprenait pas « j’ai pensé, si le monde ne veut pas de moi, et bien je veux en inventer un ; je fais partie du deuxième groupe d’écrivains, ceux qui le sont malgré eux ». Avec une voix posée et un ton doux, elle nous parle des réalités multiples qui nous entourent et de comment, avec le temps, on perd la capacité de nous déplacer de l’une à l’autre, de comment on perd la magie. C’est pour cela qu’elle a souvent écrit pour les enfants « ce n’est pas parce que je les aime bien, car je ne les aime pas, mais parce qu’ils m’intéressent, leur monde m’intéresse, car c’est un monde rond ; quand on écrit pour les enfants, il ne faut pas se préoccuper s’ils comprennent ou pas car ils te comprennent toujours, pas comme les adultes ». Malgré cela, elle dit être fatiguée d’écrire pour les enfants, elle dit chercher d’autres choses, elle cherche l’adulte qui « n’est plus que ce qui reste de l’enfant, pour le meilleur ou pour le pire ».
Elle nous lit un de ses contes d’enfants bêtes El niño que era amigo del diablo et elle nous raconte quelques détails de son enfance de papier. Aujourd’hui, à l’ âge de 82 ans, elle continue à avoir deux vies, l’une réelle et l’autre de mots, « l’une n’exclut pas l’autre, affirme-t-elle en rigolant, avoir une vie de papier n’empêche pas de passer à l’autre vie, qui a des choses aussi merveilleuses que faire l’amour sur la rivière des pierres ». Elle se confie car c’est une personne sans rien à craindre, « je vis parfois dans les mots, mais quand je sors, je redeviens la petite voyou que je suis ». Une petite « voyou » qui déteste se lever tôt, qui fait la sieste et qui adore boire un verre le soir entourée d’amis, une femme qui comprend mieux un farfadet qu’un directeur de banque.

Après elle nous a fait comprendre qu’elle n’allait pas répondre aux questions complexes sur le future « je n’en sais rien, fiston, je ne sais rien de ce qu’il peut arriver...les gens croient que rien que pour être écrivain, on doit en savoir sur tout ». Elle nous laisse une leçon « j’aime la vie, je l’aime beaucoup car on en a qu’une...ou au moins, c’est ce que l’on dit ».

Sara Domínguez Martín
Traduit par Verónica de la Rosa

21

01

2008

BOLOGNE : Le système de credits

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La mise en œuvre de l’Espace européen d’enseignement supérieur (EEES) comprend l’implantation du crédit européen comme unité d’évaluation des études supérieures. Le Système européen de transfert et d’accumulation de crédits (ECTS) vient remplacer les 10 heures d’enseignement par crédit du système espagnol actuel par un temps de travail entre 25 et 30 heures à réaliser par l’étudiant. Ce travail comprend les heures de cours théoriques ainsi que les travaux pratiques, les tutorats, les séminaires, le travail personnel quotidien, les travaux notés et les stages en entreprises qui font partie du programme d’études officiel.

estudiantecodigobarra.jpgL’ECTS, abréviation du terme anglais European Credit Tranfer System, a été créé en 1989, dans le cadre du programme Erasmus, et adopté en Espagne suite au décret 1125/2003. A l’origine, ce système facilitait la reconnaissance des périodes d’études réalisées à l’étranger mais aujourd’hui il est en train de devenir un système d’accumulation à niveau européen qui veut répondre aux objectifs de la déclaration de Bologne de 1999. Malgré le refus généralisé de la part des étudiants et de beaucoup de professeurs regroupés dans différents plateformes, le ministère de l’Education espagnol ainsi que les universités espagnoles travaillent lentement sur la mise en place, à partir de l’année prochaine (2008-2009), des demandes de l’EEES, car, comme l’indique la déclaration de Bologne, la date limite est fixée à 2010.

Le concept des diplômes actuels disparaît pour laisser place aux Grades. Leur durée sera de 4 ans en Espagne et la plupart auront 60 crédits par année, soit autours de 40 heures de travail hebdomadaire, avec la présence obligatoire aux cours et aux tutorats. Ce système n’admet pas les étudiants qui doivent travailler et étudier en même temps. Le master deviendra officiel et aura une charge de 60 à 120 crédits européens, soit une ou deux années scolaires.
Avec ces mesures, l’«université européenne » impose la discipline des horaires de travail, afin que les étudiants s’adaptent au travail en entreprise et apprennent à travailler sous pression.

Daniel Domínguez
Traduit par Verónica de la Rosa

Le processus de BOLOGNE, illusion ou realite?

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EuropeFlag.jpg
Le processus de Bologne est la réforme européenne du système universitaire. Il est né en 1999 dans la ville dont il porte le nom, avec 46 pays signataires. Si les groupes qui s’y opposent ne l’empêchent, il sera complètement instauré pour 2010.

La déclaration de la Sorbonne (Allemagne, France, Italie et Grand Bretagne) [Paris, 1998] a posé les jalons des changements nationaux, internationaux et institutionnels qui étaient prévus (et sont prévus car d’autres changements restent encore à lancer) pour l’université. Il a fallu onze ans pour que, après plusieurs accords, les universités européennes soient unifiées et puissent concurrencer celles des Etats-Unis. Ce qui n’est apparemment pas très unifié est l’avis populaire. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu dans les rue d’Athènes, Paris, Barcelone, Grenade ou Séville lors desquelles des étudiants et professeurs ont plus ou moins rejeté une partie de ces reformes. La libéralisation de l’université entraînera-t-elle sa privatisation?

*Tout au long du mois, vous pourrez trouver sur ce blog plus d’informations sur le processus de Bologne pour lequel l’équipe de Sevilla Babel essayera de répondre à la question : « Processus de Bologne : Illusion ou réalité ? »

Mª Concha Hierro
Traduit par Verónica de la Rosa

25

12

2007

Doux solstice d'hîver pour tous les babeliens!

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Le retour du Soleil

"Ce soir est le soir du solstice, la nuit la plus longue de l'année. Maintenant les ténèbres triomphent et il reste peu de lumière. La respiration de la nature est en suspension, tout attend, tout dort. Le Roi Obscur vit dans chacune petite lumière. Nous attendons l'aube quand la Grande Mère, encore une fois, mettera le soleil au monde, avec la promesse d'un nouveau printemps. Ainsi est le mouvement éternel, où le temps ne s'arrête jamais, dans un circle qui l'entoure tout. On tourne la roue pour soutenir la lumière. On appelle le soleil depuis le ventre de la nuit. Ainsi soit-il!".

Tels étaient les mots prononcés par la sacerdotice dans la Rome ancienne pour célebrer la festivité de la Saturnalia (pour consacrer le temple de Saturne, dieu de l'agriculture). Du 17 au 23 décembre les esclaves recevaient des rations extra de nourriture et temps libre; c'était un temps quand les champs laissent respirer aux familles de la campagne. Avec cette festivité on souhaitait la bienvenue à une nouvelle période de l'année, dans laquelle le Soleil s'approchait encore une fois à la Terre, allongeant les jours. Come ça, d'une festivité païenne, est né la festivité de Noël.

aurora.jpg

Aujourd'hui, en attendent le 2008, les gens au Pôle Nord peuvent, probablement, le célebrer en compagnie de l'aurore boréale; avec le solstice d'hîver dans l'hemisphère nord le soleil atteint sa position méridionale (ou boréale) maximale. Le midi d'aujourd'hui est le moment de l'année où la distance entre la Terre et le Soleil est la plus longue, là où il y a moins de lumière.

En Seville, nuageuse aujourd'hui avec 14º C, nous souhaitons que tout le monde sur cette terre soit hereux, et que "le retour du soleil" soit célebré de la façon la plus douce possible.
Joyeux Noël et babel 2008!

Concha Hierro
Traduit par Patricia González Bermúdez

16

12

2007

Une soirée de jouets pour les enfants palestiniens

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PC150009.JPGHier, samedi 15 décembre, enfants et adultes ont partagé le space dans Centro Andaluz de Arte Contemporáneo. Dans cette scéne priviligé du Monastaire de Santa María de las Cuevas (aussi connu comme le Monastaire de la Cartuja), entre anciens fours de céramique déjà démantelés, on a fait un musée entouré par jardins. L’initiative : une journée organisée par le Centro Andaluz de Arte Contemporáneo avec des autres institutions et organisations culturales de Seville, pleine de concerts et activités infantiles depuis 4 heure de l’aprèsmidi jusqu’à 1 heure du matin. Le prix d’entrée : un jouet d’esprit non bélique pour les enfants de la Palestine. La journée fût apellée : « Changeons musique pour jouets ».

Parents, enfants et personnes de tous les ages sont arrivés pour donner ses jouets à l’entrée, en recevoient une petite insigne adhésive qui servait comme passport dans le circuit. Pendant que les adultes s’amusaient avec tout un programme de concerts dans l’église (la moitié étaient de groupes espagnoles, mais aussi quelques uns provenantes de Bruxelles et Manchester), les plus jeunes pouvaient se rapprocher à un hélicoptère et se sentir pour un moment comme des pompiers en s’asseyant dans le camion qui était garé au jardin.
Parmi le reste d’activités infantiles on a trouvé une biblioteque, un thêatre, des ateliers, des magiciens et des narrateurs de contes. Tant les enfants comme ceux qui ne sont plus d’enfants pouvaient rêver avec les légendes des autres pays du monde, comme « L’attrape-rêves » et même jouer en devenant des protagoniste pendant quelques minutes. Ils ont pu aussi recuellir de petits cadeaux qu’amméner à la maison : un attrape-rêves, le pouvoir pour savoir le construire, une expérience magnifique partagée avec ses parents, frères, soeurs et amis... et un petit mot avec les choses qu’ils voudraient attraper dans le passé pour toujours.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

01

12

2007

Pina Bausch: rupture et renouvellement

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Pina.jpgPina Bausch, danseuse et choréographe, naquit en 1940, à la fois que la Seconde Guerre Mondiale, à Solingen (Allemagne). Elle est la directrice du Tanztheater Wuppertal et vient de recevoir le Prix Kyoto 2007 pour sa contribution à la danse contemporanée internationale.

« Je suis pas interessée aux mouvements des gens, mais aux choses qui mouvent les gens ». Cette femme, creatrice du emblématique Café Müller (1978), petite, gracile, fumeuse invétérée et modérée dans ses propos, était formée entre sa Allemagne natale et l’École Julliard de New York. Elle à réussi à développer un langage propre grace auquel on peut pênetrer dans l’être humain : sa vulnerabilité et son besoin d’être aimé. Son oeuvre, avec plus des amants que des détracteurs tapageurs, a renouvellé le concept classique de la danse en la mélangeant sans pudeur avec les autres arts. C’est comme ça que son particulier thêatre-danse est né.



Concha Hierro del Hoyo
Traduit par Patricia González Bermúdez

18

11

2007

On remballe le tapis bleu…jusqu’à l’année prochaine !

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UN FESTIVAL POUR NOUS DECOUVRIR

2007-11-04_itsafreeworld03.jpg
2007 laisse le public européen orphelin avec la mort de deux des ses plus grand figures : Ingmar Bergman et Michelangelo Antonini. Le cinéma introspectif et personnel de ses deux auteurs est une référence obligatoire pour les nouveaux réalisateurs. Aujourd’hui, la société subit une crise de repères à tous les niveaux, cause directe et inévitable de la mondialisation. Et cette crise se répercute sur le cinéma car il a toujours été le miroir où nous nous regardons afin de savoir comment sommes nous. Un festival de cinéma européen comme celui de Seville est donc un ensemble de reflets qui nous permettent de découvrir ce que c’est ce que nous appelons l’Europe. Des milliers de citoyens de différentes nationalités ont eu l’opportunité de mieux se connaître grâce au cinéma car c’est seulement en nous connaissant, en comprenant chaque culture et en participant à la diversité culturelle du continent européen, que nous, Européens, pourrons fortifier et promouvoir le cinéma européen.

Existent-ils des éléments communs entre les différents cinémas européennes ? Un film hongrois peut-il être compris en Espagne ? Et un film espagnol en Hongrie ? Dans un monde où tout est mesuré en termes commerciaux, nous devons nous demander si les pays européens réalisent des produits audiovisuels « commercialisables » dans le reste du continent. Des programmes comme MEDIA et Eurimages ont essayé depuis des années que les citoyens européens regardent leur cinéma, souvent éclipsé par le cinéma nord-américain. L’histoire universelle du cinéma témoigne qu’il n’a jamais eu de cinéma européen homogène mais des auteurs qui ont su se faire remarquer grâce à leur cinéma personnel et parfois risqué. C’est plutôt positif qu’il n’ait pas eu d’homogénéisation, favorisant de ce fait la richesse culturelle de chaque pays, même s’il faut savoir qu’une formule existe sûrement pour que les produits audiovisuels des pays européens puissent rencontrer du succès hors leurs propres frontières. Le Sevilla Festival de Cine Europeo est un bon moyen de se rendre compte que, malgré les nombreuses différences, les cinémas européens ne sont pas si différents. La barrière de la langue est un moindre problème.

Une édition pleine de surprises

itsafreeworld09.jpgAvec une Sélection officielle pleine de réalisateurs renommés comme Volker Schlöndorff, Claude Chabrol, Ken Loach, Alexander Sokurov, Jacques Rivette, Jiří Menzel ou Fatih Akin, on prévoyait un haut niveau des films présentés à cette troisième édition. Cependant, ni Chabrol ni Loach, par exemple, n’ont convaincu un public qui s’est régalé avec la découverte du cinéma jeune et frais de Eran Kolirin (La visite de la fanfare), Eytan Fox (The Bubble) ou Joachim Trier (Reprise). Peut-être parce qu’ils comptent parmi les rares films qui réussissent à se débarrasser d’un ton amer de lamentation. Et le fait que les pays européens n’arrêtent pas de se reprocher les misères de leur propre histoire. Il y a des films qui sont des critiques nécessaires et justes. Parfois, le cinéaste veut montrer uniquement sa lamentation et sa résignation là où d’autres fois, il sert à faire face aux problèmes avec humour. Il est cependant incontestable que la plupart de cinéastes européens sentent la nécessité de regarder constamment vers le passé pour comprendre le présent. Les cinémas de certains pays européens reconnaissent avec un ton triste qu’ils sont toujours touchés par le trauma provoqué par l’absurdité de l’histoire récente de leur pays.

Nous soulignons

2007-11-10_galafuera.jpgIT’S A FREE WORLD. Le nouveau film de Ken Loach a réussi à obtenir le premier prix du festival, le Giraldillo de Oro, même si pour la plupart du public et de la critique, Loach déçoit à nouveau. Cette fois-ci, il présent une critique des mafias qui offrent du travail aux immigrées illégaux et les exploitent.

REPRISE. Le premier film du Norvégien Joachim Trier, Reprise, est un récit rythmé, avec un script magnifique, sur les expériences de deux jeunes écrivains. Un grand exercice de cinéma agile, moderne et frais.

L'HOMME DE LONDRES. La longtemps attendue adaptation du roman de Georges Simenon «L'Homme de Londres» de Béla Tarr, présentée lors de la dernière édition de Cannes, a été l’excuse pour que ce controversé réalisateur hongrois rencontre le public sévillan. Avec cette co-production hongroise, française et allemande, Tarr, à qui un hommage a été rendu lors de cette édition du festival, est fidèle à son style lent et minutieux et nous propose une histoire sur comment un fait fortuit peut complètement changer la vie de quelqu’un.

NOUS, LES VIVANTS. Esthétique expressionniste parfaite pour cet ensemble d’histoires sur les petites misères de la vie quotidienne des personnages. Une fable sur la valeur de la vie et l’importance d’essayer d’être heureux. Ce film, candidat aux Oscar par la Suède, a valu à son réalisateur, le suédois Roy Andersson, de partager le Prix de la critique avec l’allemand Akin (pour « De l’autre côté »). Une fin épatante et étonnante fait de ce film, souvent très drôle, un excellent exercice cinématographique.

IRINA PALM. Le film aimable typique qui séduit le public. Ce n’est pas en soi un reproche, mais ce qui critiquable est qu’il use de moyens faciles et d’un déroulement aussi conventionnel que prévisible. Cependant, le film montre une Marianne Faithfull immense qui fait que le spectateur croit l’histoire et sort du cinéma un air heureux sur le visage.

DE L’AUTRE CÔTÉ. Fatih Akin revient avec un film d’histoires croisées dont les personnages ont tous un lien commun ; suivant le style de Babel, du mexicain González Iárruti. A l’aide des expériences d’une activiste politique turque poursuivie dans son pays, Akin propose une réflexion sur la Turquie est-elle prête à faire partie de l’UE.

ULZHAN. Le vétéran Volker Schlöndorff revient avec un film tourné au Kazakhstan. L’histoire raconte avec un ton métaphysique le voyage d’un français au Kazakhstan afin de chercher des réponses, de chercher la mort. Sur son chemin il croise une jeune professeur kazakh qui l’accompagne. Un film différent, paisible et réflexif qui propose un voyage au spectateur, qui l’accepte avec plaisir.

MOI QUI AI SERVI LE ROI D'ANGLETERRE. Le tchèque Jiří Menzel, qui au long de sa carrière a fait preuve à maintes reprises d’humour intelligent et d’analyses claires concernant l’histoire de la République Tchèque, montre qu’il est toujours en pleine forme. Ce film se sert d’un personnage, un serveur attendrissant joué par Ivan Barnev, qui poursuit un rêve : devenir millionnaire. Drôle et très bien réalisé par le grand Menzel.

Emilio Gómez Barranco
Photographies : Lolo Vasco (photographe officiel du Sevilla Festival de Cine Europeo)
Traduit par Verónica González de la Rosa

17

11

2007

Anna M.

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France, 2006
Réalisation: Michel Spinosa
Avec : Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny
Photographie: Alain Duplantier
Producteur: Patrick Sobelman

PRISON D’AMOUR

anna_mm.jpgQui décide ce qu’est l’amour ? Qu’est-ce qui sépare le délire de la raison ? Anna M. est amoureuse, à la folie, à la destruction. Anna M. a le syndrome de Clerambault, autrefois nommé « psychose de la vieille pucelle », « paranoïa érotique » ou encore « illusions érotiques autoréférencielles », l’Erotomanie.
Après sa première œuvre « Emmène-moi » (1994), Michel Spinosa nous offre son troisième long-métrage, une histoire d’amour « complexe », comme lui-même l’avait définie lors de la Berlinale 2007, où il avait présenté son film dans le cadre du Panorama Special. Une histoire d’amour et une passion déchaînée qu’une fille vit dans une solitude incurable. Un amour qu’elle essaie désespérément de partager avec son aimé, un médecin heureux dans son mariage qui l’avait aidé à se remettre après une tentative de sucide. Avant de devenir « érotomaniaque », Anna M. menait une vie d’ombres.

Espoir, désenchantement et rancœur sont les trois phases qui connaît le personnage joué par Isabelle Carré, actrice versatile (et convaincante) très demandée en France en ce moment.

Le film avait été projeté pour la première fois en France et en Belgique au printemps dernier et fait actuellement partie de la section officielle du Sevilla Festival de Cine Europeo pour sa projection au public espagnol. Chaque séance et chaque salle sont pleines de cinéphages et cinéphiles avides de rassasier leur soif de bon cinéma ou leur faim de « remarques cinglantes » qui jugent de la valeur artistique du film. Avec une photographie et une musique exquises, Spinosa essaie de nous amener à l’univers intimiste de l’adorable et réservée Anna M, le monde isolé et solitaire de quelqu’un qui doit concilier la restauration de livres dans une bibliothèque et sa passion érotomaniaque.

Concha Hierro del Hoyo
Traduit par Verónica González de la Rosa

15

11

2007

Gianni Minà ou Le pouvoir du journalisme vérifié

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Cette année, Sevilla Festival de Cine Europeo a décidé de rendre hommage à Gianni Mina, en organisant une projection de six documentaires sur Fidel Castro.
Gianni Minà, journaliste italien, se définit tout seul en tant que « maniaque de la vérité », raison pour laquelle il fait toujours dans son travail un énorme effort pour vérifier chacun des faits et même pour démentir certains d’entre eux, s’il découvre des fautes après. C’est grace à cette lutte, qu’il reçoit donc des hommages cette année.
Gianni_Min___1_.JPG Bien qu’il ait commencé comme journaliste sportif, son travail a évolué à cause d’un interêt avide pour les « problèmes du peuple ». C’est pour cela que en 1987 il a décide de réaliser un entretien avec Fidel Castro, ce que on peut voir ces jours d’un façon éclairée, ouvrant le cycle “Fidel le parle au Ché”.
Selon lui-même, l’élaboration de l’entretien n’a eu rien conventionnel. Après 16 heures avec Fidel, Mina s’est aperçu que quelque chose dans sa façon d’être le faisait différent aux autres chefs d’Etat. Quand on lui démand sur la rhétorique que Fidel employait lors l’entretien, il rassure qu’il s’agissait de « peu, bien peu » , moins de laquelle il a vu utiliser aux autres leaders politiques. Il impute la vision que l’on garde de Fidel en Europe à une grande manque d’information et, surtout, à que le vieux continent est resté ancré sur le vieux Fidel, sans être capable de évoluer avec lui.
S’il y a quelque chose en quoi Gianni demeure aussi fortement engagé que dans sa mission d’amener en Europe une vision réelle de l’Amérique du Sud, cela est la lutte pour un journalisme démocratique et libre. C’est pour ça qu’il fait partie d’une organisation de journalistes démocratiques d’Italie. Lui, comme bien d’autres italiens, observe avec préoccupation l’insuffisante liberté d’expression et l’utilisation des réseaux de communication que l’on fait dans son pays.
En ce moment, Gianni est en train de préparer un documentaire sur la réalité de l’Amérique du Sud selon ses présidents, et il annonce avec une certitude presque absolue, que cela sera “le dernier de ses grands travaux”.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

Le Domaine Perdu

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France, Espagne, Italie, Roumanie / 2004
Direction et Scénario: Raúl Ruiz
Photographie: Ion Marionescu
Interprètes: François Cluzet / Grégoire Colin / Christian Colin / Julie Delarme / Robert Florentin Ilie / Laurence Cordier / Julien Honoré / Marianne Denicourt / Edith Scob

LE CINEMA PENCHÉ DE RUIZ

Serait-t-il le livre perdu - l’apparent élément tisseur du film - le propre spectateur de cette œuvre de Ruiz? Aucune idée. Le “cinéma borgne”, comme qualifié par la critique anglaise il y a trente ans, de ce directeur chilien (le plus connu parmi les inconnus) échappe toute interprétation, et jamais, évidemment, ne rejoint la ligne droite. Ruiz adore les courbes, les ressorts, les tournures, “l’autre regard”. Son cinéma est difficile, et peut-être pour ça, fascinant. C’est un défi pour le spectateur car il doit se débarrasser des conventions avant de commencer regarder ses films, une ode à la liberté créative, à l’humeur et à l’ironie.

Le_domaine_perdu.jpg Doménec Font, critique catalan de cinéma et professeur de l’Université Pompeu Fabra de Barcelona, a mentionné pendant son séminaire dédié a Raul Ruiz, organisé dans le cadre des événements du Festival de Cinéma de Séville, la possibilité de parler du “cinema ruiziano”, de sa “condition rizomatique”, de boucle et de perte, qui transitent comme de branche en branche de un arbre qu’il est difficile à identifier. C’est pour ça que parfois on arrive ainsi à le trouver incongru et absurde, comme Ionesco ou comme Beckett.
L’ambigu, les rêves, l’inconscient, mais aussi le métadiscours cinématographique (métalangage chez Beckett) tracent les lignes générales des grands sujets de son ample filmographie. Kafka, Stevenson et Borges demeurent des sources qui donnent à boire à Raúl Ruiz. Selon D. Font, il est le grand cinéaste borgean, donc, le “grande menteur”. Le “illusioniste” qui dé-maquille et dé-couvre les vérités sociales pour trouver une autre clé, un autre dispositif. Tout cela à travers une rhétorique baroque, un jeu de miroirs où on ne reconnaît pas avec certitude la relation exacte entre les personnages, leur condition vivante ou morte, leur espace et leur temps. Une étrange nébuleuse pour esprits chaotiques avec un spécial ordre latent. Comme probablement le sien.

Concha Hierro del Hoyo
Traduit par Patricia González Bermúdez

08

11

2007

Déjate caer (Laisse-toi tomber)

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Espagne, 2007
Directeur: Jesús Ponce
Interprètes: Ivan Massagué, Mercedes Hoyos, Pilar Crespo, Ana Cuesta

Cette semaine on a pu assister à la première mondiale de “Déjate caer”, le troisième film de Jesús Ponce. En plus d’être le premier sevillan dans la section officielle du Festival, ce film s’est encadré dans l’hommage aux acteurs andalous, dans un effort pour faire voir la nouvelle vague cinématographique qui a lieu en Andalousie de nos jours. Avec tous les tickets vendus depuis le matin, entre les invités et les spectateurs, le hall du théâtre Lope de Vega et son tapis bleu étaient plus que serrés. Une demi heure avant, les acteurs avaient commencé à arriver et à se photographier dans le coin habilité pour cette fonction.
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Le film a une trame simple, presque comme une fable, un conte. Il raconte l’histoire de trois amis arrivés dans la trentaine et qui passent leurs jours assis sur un banc de quartier au milieu de monotones habitudes, buvant des bières et mangeant des palmiers au chocolat un jour après l’autre. Tout semble condamné à devenir éternel jusqu’à ce que Roberto Carlos, un parmi eux, commence à sortir avec Sunci. C’est le détonateur qui provoque un changement dans la vie de tous eux, terminant avec l’équilibre apathique de leurs vies. C’est à ce moment là qu’ils commencent à se demander sérieusement quel futur les attend sur ce banc.

Le film, réalisé avec peu de moyens, n’est que, comme le dit le directeur même, l’histoire de trois garçons qui « pourraient se trouver dans les places de n’importe quelle capitale du monde ». Peut-être que le plus cher soit l’identification que beaucoup de spectateurs peuvent arriver à sentir avec les personnages. Parsemé d’humeur, en profitant de l’usage andalou de l’espagnol, est pourtant, aigre-doux, même amère des fois, l’histoire des personnes qui n’ont pas une place dans la vie et qui doivent faire l’effort pour la trouver.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

La Masseria delle Allondole (Le Mas des Alouttes)

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Italie, Bulgarie, Espagne, France (2007)
Directeur: Paolo y Vittorio Taviani
Interprètes: Paz Vega, Moritz Bleibtreu, Ángela Molina

Le mas des alouettes a été la responsable d’ouvrir cette année le Festival de Cine Europeen qui a lieu à Seville. Cette co-production dirigée par les frères Taviani compte avec la présence de deux actrices espagnoles parmi la distribution: Paz Vega (protagoniste du film) et Ángela Molina.

La_masseria_delle_Allondole__3_.jpg Situé dans la Turquie de l’annee 1915, c’est un film de trame historique mais avec une certaine tournure actuelle, puisque il raconte une histoire qui, malheureusement, parait condamnée à se répéter. L’axe principal du film est le génocide arménien aux mains des turcs, l’histoire adjacente, comme dans les autres films du festival, l’amour (que le spectateur décide quelle ligne d’entre les deux est la principale et quelle est la complémentaire). C’est la première fois que des réalisateurs étrangers racontent l’histoire de ce génocide et, selon les frères Taviani, le gouvernement turc a essayé d’exercer sa pression sur eux pour que le film ne sorte pas. C’est pour cette raison que le film a dû se filmer en Bulgarie, pays co-producteur. Selon les mots de Paolo Taviani pendant un entretien pour El País: “La Turquie veut entrer dans l’Union Européenne. Nous n’avons pas l’inténtion de nous entremettre dans les affaires des autres états. Mais nous, comme membres de l’Europe des 27, devons leur demander qu’ils reconnaissent le génocide arménien”.

Les directeurs affirment que, ailleurs de l’opinion du public, ils se sentent très fiers du film, parce que la République d’Arménie, leur a concédé un prix pour montrer la “souffrance” de ce peuple.
Le film essaie de montrer, au milieu de la barbarie, un rayon de lumière porté par les personnes prêtes à rompre les règles, l’amour, la folie, la bonté et, a l’occasion, la peur terrible qui amène les personnes à faire quelque chose qui pourrait aider à sauver leurs vies ou celles de leurs parents, bien que ça puisse blesser ses propres amis; en conséquence, la faute et le remords sont parmi les sentiments le plus récurrents dans cette histoire.

Un petit commentaire contre le film: les acteurs exagérent, parfois on dirait plus une oeuvre de théâtre qu’un film. Spécialement le rôle que fait la femme du Colonel donne une impression comique alors qu’il est dramatique.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

Ha-Buah (The Bubble)

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Israël, 2006 Directeur: Eytan Fox.
Interprètes: Ohad Knoller, Yousef Joe Sweid, Daniela Wircer, Alon Friedmann.

Tel Aviv de nos jours, un petit quartier étranger au conflit du Moyen-Orient, un coin de paix, un endroit de cohabitation ou tous paraissent avoir une place : hommes et femmes, homosexuels et hétérosexuels, même israéliens et palestiniens… ou peut-être que ça soit trop demander.
The Bubble Le film raconte l’histoire de trois colocataires (une fille et deux mecs homosexuels mais qui ne sont pas un couple) qui font partie d’un groupe contre l’invasion et qui se dédient à organiser des fêtes de cohabitation auxquelles ne vont que des israéliens. Reflet de la cruelle réalité que vit Israël, le film (sans bons ni méchants, ou au moins c’est ça ce qu’on prétend, bien qu’a mon avis il y a une petite préférence pour les israéliens) répand le quotidien, des sourires à demi et des sourires à moitié. Il nous montre une zone palestinienne sous-développée, pleine de personnes qui continuent leur vie mais où la liberté est quelque chose d’impensable, et une zone juive beaucoup plus libre. Les frontières sont des calvaires absolus où les femmes enceintes donnent naissance au milieu des sentiers de terre.

Ce film parle du conflit palestinien-israelien, de l’horrible affrontement entre les uns et les autres, des parents qui meurent en criant vengeance, de martyrs vivants et morts… mais surtout, ce film parle de l’amour, d’un amour pur entre personnes, plus loin que leur genre, plus loin que leur religion, plus loin que l’endroit d’où ils proviennent… il est surtout, l’union des corps et vies, uniquement possible sans préjugés dans l’enfance et dans l’amour. Mais, qu’arrive t-il quand ces enfants et ces amants vivent dans un monde qui ne comprend pas qu’il y a des choses qui n’entendent pas ces raisons absurdes ? Est-ce que le monde peut arriver à comprendre ? peut-il comprendre qu’un enfant regarde dans les yeux d’un autre enfant sans pouvoir voir ce qu’il y a de différent entre eux ?
« La guerre se fait toujours contre les enfants »… et contre les amants, ce sont les vrais martyrs au nom de la paix.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez

L’Orphelinat

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Depuis le 11 d’octobre on peut apprécier le tant attendu début cinématographique de Juan Antonio Bayona, un film produit par Guillermo del Toro, « L’Orphelinat ». Candidat aux Oscars en représentation d’Espagne, ce film a été nommé et renommé pendant les derniers mois (et même avant les derniers).
Personnellement Belén Rueda ne fait pas partie et de loin de mes actrices préferées, pourtant je dois dire en sa faveur (et en soulagement pour ceux qui ne l’aiment pas non plus) qu’elle joue son rôle de façon superbe dans ce film ; il semble écrit pour elle, même si au début on croirait qu’elle va juste préparer le petit-déjeuner à la famille Serrano (pour ceux parmi vous qui n’habitent pas en Espagne, « Los Serrano » est une serie très populaire de la TV espagnole où Belén Rueda a le rôle de mère).
El_orfanato.jpg Pour le moment, le film vient d’ouvrir le Festival de Sitges, et on attend qu’il passe a plus d’un festival européen.
Le film fait peur, assez peur… on se sent compagnon de route du reste de monde qui regarde le film près de toi dans la même salle, c’est une expérience qui, je dois l’avouer, ne m’était jamais arrivée. Un cri de quelqu’un lors d’une scène arrive à soulever des commentaires à l’autre bout de la salle, des rires respectueux, comme une réponse harmonieuse à sa peur. Si on vous a dit que le film ne fait pas peur, ne le croyez pas, des frayeurs, il y en a plein. C’est vrai cependant que ça n’est pas le plus significatif du film. La peur est simple, même poétique, douce (et pas moins sombre à cause de cette douceur). Le regard tendre de Simón, comme celui de n’importe quel enfant, est le fil conducteur de l’histoire… ne le perdez pas de vue.
Un petit conseil : lisez « Peter Pan » avant d’aller voir le film. On peut connaître l’histoire mais le livre mérite au moins une lecture, et les clins d’œil du film à l’histoire de Peter Pan gagnent du charme après l’avoir lue.

Sara Domínguez Martín
Traduit par Patricia González Bermúdez